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16e colloque annuel du CIÉRA-AÉA, 2018

***POUR UNE RÉELLE RÉCONCILIATION?***

Le colloque annuel du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) se tiendra à Québec les 26 et 27 avril 2018, au Musée de la civilisation, après deux années chez les nouveaux pôles de recherche de Montréal et Gatineau. Le 16e colloque du CIÉRA, en partenariat avec l’Association étudiante autochtone de l’Université Laval (AÉA), le Cercle Kisis, l’Institution Kiuna et le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ), engage une réflexion sur les enjeux de la réconciliation avec les peuples autochtones. Pour plus d’informations sur la programmation du colloque du CIÉRA, veuillez consulter la section programme et pour vous inscrire veuillez consulter la section inscription.

La première journée de l’événement se clôturera par une soirée artistique où des musiciens et des artistes autochtones seront à l’honneur. La chanteuse innue Kathia Rock prendra la tête d’affiche! La soirée aura lieu dans le hall du Musée de la civilisation à partir de 19h. Pour plus d’informations, veuillez consulter la section soirée artistique.

 

Description de la thématique

L’Organisation des Nations Unies (2012) définit la réconciliation comme « un élément clé dans la construction d'une paix durable et la prévention de conflits. Le processus de réconciliation se déploie dans la (re)construction de relations entre les individus et les collectivités de même qu’entre l'État et ses citoyens. Ce processus est très sensible au contexte, et chaque société doit adapter son approche à la nature du conflit et au caractère de la transition » (Organisation des Nations Unies, 2012).

Au cours des dernières décennies, la reconnaissance des droits des peuples autochtones a occupé une place centrale dans les discours et les réflexions sur les relations entre les peuples autochtones et l’État canadien. Depuis la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015) qui propose des actions en vue de remédier aux séquelles des pensionnats autochtones et de faire avancer le processus de réconciliation, cet enjeu est devenu une priorité nationale. D’ailleurs, l’une des 94 appels à l’action de la Commission canadienne de vérité et réconciliation (2015) à l’intention des gouvernements du Canada indique : « Nous demandons au gouvernement fédéral, par l’intermédiaire du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, et en collaboration avec les peuples autochtones, les établissements d’enseignement postsecondaire, les éducateurs de même que le Centre national pour la vérité et réconciliation et ses institutions partenaires, d’établir un programme national de recherche bénéficiant d’un financement pluriannuel pour mieux faire comprendre les facteurs associés à la réconciliation » (appel à l’action 65, éducation pour la réconciliation). Ce rapport indique clairement que les universités canadiennes ont un rôle fondamental à jouer dans la lutte aux inégalités auprès de la prochaine génération de Canadiens. Dans ce contexte tout indiqué pour la thématique de notre colloque, les présentations et tables rondes qui s’y tiendront analyseront la nature des relations entre peuples autochtones et allochtones afin de mieux comprendre leurs racines historiques, politiques et culturelles.

Lors du colloque, nous explorerons les différentes approches du processus de réconciliation ainsi que les défis à venir. Pour certains, le processus de réconciliation et ses politiques prennent place « à l’intérieur » du fédéralisme canadien (Kymlicka, 2011; Taylor, 1994). Dans ce processus, le rapport entre les peuples autochtones et l’État passent de rapports autoritaires à des rapports de reconnaissance des revendications politiques des peuples autochtones et du passé colonial (Johnson, 2011). Cette perspective postcoloniale de la réconciliation ne présente pas nécessairement de rupture avec le passé colonial dans le sens où il n’y a pas de changement radical dans la distribution des pouvoirs entre minorités et majorité (Johnson, 2011).

Pour d’autres, le processus de réconciliation doit s’inscrire dans des actions concrètes et non seulement discursives qui questionnent directement les relations entre les peuples autochtones, l’État et la société (Costa, 2017). Comme relevé par Geboe (2015) dans son analyse comparative des processus de réconciliation au Canada, aux États-Unis, en Australie, et en Nouvelle-Zélande, même si un large éventail d’activités ont été créées dans le souhait d’améliorer les relations entre les Autochtones et les Allochtones, il n’y a aucun programme ou politique qui adresse directement la réconciliation. Selon Geboe (2015), les efforts de réconciliation dans chaque pays nécessitent un soutien et un engagement à long terme de la part de tous les secteurs de la société. Le partenariat entre les différentes parties doit être étroitement surveillé, soutenu et fondé sur le respect mutuel et la responsabilité. Pour Nagy (2017), une véritable réconciliation pourrait se concrétiser par des pressions transnationales exercées sur les États pour qu'ils se conforment à leurs obligations internationales en matière de droits de la personne. Cette dernière conceptualise la réconciliation non pas comme un point final, mais comme un processus toujours plus approfondi avec des degrés de changement relationnel.

Dans une autre perspective, des auteurs avancent que la réconciliation ne peut se faire sans une véritable décolonisation, sinon il ne s’agirait que d’un simple exercice de rhétorique de la part de l’État dans la poursuite de ses politiques néocoloniales. Ces auteurs critiquent le caractère opératoire de la politique de la reconnaissance dans le contexte du colonialisme de peuplement (Alfred, 2009; Christie, 2007; Corntassel, 2009; Coulthard, 2007; Mackey, 2014). Selon ces auteurs, une réelle réconciliation ne peut se faire sans un ensemble de principes et d’actions susceptibles de contribuer à une autonomisation des communautés autochtones et cela passe avant toute chose par une résurgence culturelle et spirituelle de l’identité autochtone (Paquet, 2016). Cette décolonisation ne peut se faire sans que l’État ne reconnaisse la souverainté autochtone et abolisse sa domination coloniale (Paquet, 2016). Cela passe également par le retour des terres ancestrales autochtones à ces derniers (Tuck et Yang, 2012). Comme l’indiquent Tuck et Yang : « Decolonization brings about the repatriation of Indigenous land and life; it is not a metaphor for other things we want to do to improve our societies and schools » (Tuck et Yang 2012 : 1).

Le 16e colloque du CIÉRA sera un événement social et scientifique qui veut donner une impulsion aux recherches et aux initiatives de réconciliation dans les établissements postsecondaires et dans l’ensemble de la société. Par les dialogues qui s’établiront entre les nations autochtones, les dirigeants et administrateurs universitaires, les professeurs, les chercheurs, les étudiants, les décideurs du gouvernement, les dirigeants nationaux et locaux, et les praticiens, tant autochtones qu’allochtones, cet événement sera une occasion unique d’offrir aux participants une voix en vue de construire un dialogue prometteur et de réfléchir à comment bâtir un avenir prospère commun.

Pour toutes questions, veuillez écrire à : colloque@ciera.ulaval.ca

Références

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