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Les Midis du CIÉRA - 23 mai 2017 à 12h : présentations de Julie Fortin, Benoit Éthier et Valérie Harvey - Concours Mon projet nordique de l’Institut nordique du Québec

18 Mai 2017

Quand? Mardi 23 mai 2017 à 12h

Où: CIÉRA, DKN 0450 –Pavillon Charles-De Koninck

Ce Midi du CIÉRA sera consacré aux étudiant-e-s qui participeront au concours Mon Projet Nordique. Chacune des présentations durera cinq minutes et il y aura une période de questions et de commentaires à la suite des trois présentations.

 

Julie Fortin est étudiante au doctorat en communication publique sous la supervision de Thierry Rodon (directeur de recherche) et Josianne Millette (co-directrice)

L’influence des communautés cries et inuites dans l’évaluation des projets miniers dans le nord du Québec : quelle place pour le consentement libre, préalable et éclairé?

Mon projet porte sur les relations de pouvoir entre les différents acteurs impliqués dans les processus d’évaluation et d’autorisation des projets miniers, ainsi que sur la capacité des communautés à offrir un consentement libre, préalable et éclairé. Il s’agit d’une étude comparative entre une communauté crie et une communauté inuite qui doivent composer avec un projet minier dans les premiers stades de développement (exploration, évaluation environnementale et sociale ou construction). Ce projet vise à analyser la communication entre l’industrie minière et les communautés cries et inuites, de même que les processus de consultation mis en place par les gouvernements provincial, fédéral, régional et par le leadership local. Cette première étape me permettra d’identifier les impacts sociaux du développement minier qui peuvent être moins considérés par les autorités gouvernementales chargées d’évaluer les projets. Il s’agit notamment des impacts émotionnels, des impacts sociaux cumulatifs et des impacts sur la cohésion sociale des communautés, et ce, avant même qu’un projet ne soit autorisé.

Dans l’approche collaborative du consentement libre, préalable et éclairé, le consentement ne se résume pas à un droit de veto, mais est plutôt envisagé selon une perspective relationnelle, qui met l’accent sur la participation des Autochtones à la prise de décisions, en tant que partenaires (Papillon et Rodon, 2016). Cette approche à deux niveaux nécessite à la fois l’implication des représentants de toutes les parties, soit le leadership local et régional, les représentants du gouvernement et de l’industrie, mais implique également des délibérations au sein des communautés. Aussi, ma recherche portera une attention particulière aux membres des communautés qui peuvent être davantage marginalisés durant les consultations et le processus décisionnel associé aux projets. Il peut s’agir notamment des jeunes, des femmes ou des membres de la communauté dont le mode de vie est davantage lié à la pratique d’activités traditionnelles.

 

Benoit Éthier est étudiant au doctorat en anthropologie sous la supervision de Sylvie Poirier (professeure titulaire, département d’anthropologie, Université Laval) et Martin Hébert (co-directeur, professeur titulaire, département d’anthropologie, Université Laval).

Orocowewin notcimik itatcihowin : Ontologie politique et contemporanéité des responsabilités et des droits territoriaux chez les Atikamekw Nehirowisiwok (Haute-Mauricie, Québec) dans le contexte des négociations territoriales globales

À l’instar d’autres Premières Nations, les Atikamekw Nehirowisiwok sont engagés, depuis les dernières décennies, dans les revendications territoriales globales dans l’espoir de faire reconnaître leurs savoirs normatifs et de régler les différends territoriaux avec les institutions étatiques et les membres de la société civile allochtone. Contrairement toutefois à d’autres Premières Nations, comme les Cris (Eeyouch) de la Baie James et les Nisgaa’ de la Côte-Ouest canadienne, les Atikamekw Nehirowisiwok n’ont, à ce jour, signé aucun traité, historique ou moderne, avec les gouvernements du Québec et du Canada. En dépit des obstacles politiques, mais aussi épistémologiques et ontologiques qu’ils doivent surmonter, les Atikamekw Nehirowisiwok demeurent mobilisés et engagés dans ces négociations avec les institutions étatiques. Dans cette mobilisation, les Atikamekw Nehirowisiwok maintiennent l’espoir de faire reconnaître leurs savoirs normatifs, leurs droits et leurs responsabilités territoriales.

Comme observateur et partenaire à l’avancement de ces démarches depuis 2012, j’ai l’opportunité dans ma recherche doctorale de suivre de près ce processus et ce projet collectif autochtone à assurer la transmission des savoirs normatifs autochtones liés aux activités de chasse, de pêche et de récolte des végétaux et à les faire reconnaître auprès des instances étatiques. L’objectif de cette recherche doctorale est à la fois de décrire les pratiques et principes normatifs liés à la chasse dans le contexte contemporain et de créer, en partenariat avec mes interlocuteurs autochtones, des outils favorisant le dialogue interculturel dans le processus de négociation territoriale. Ce projet de recherche a permis, par exemple, la création d’un lexique visant à mettre en valeur les conceptions normatives nehirowisiwok reliées aux modes de gestion des conflits territoriaux. Ce travail que j’ai réalisé en collaboration avec des membres du Conseil de la Nation Atikamekw Nehirowisiw vise à bonifier les travaux menés par les membres de l’organisation entourant les négociations territoriales.

 

Valérie Harvey est étudiante au doctorat en sociologie sous la supervision de Gérard Duhaime

Papa 2.0 – L’égalité des genres encouragée par les congés parentaux en Islande et au Québec

Au niveau des congés de paternité, l’Islande est le pays le plus généreux au monde avec trois mois accordés exclusivement au père. La participation est élevée : 92,7 % des pères ont pris une pause de 87 jours en 2012. Les parents islandais d’aujourd’hui rapportent un meilleur partage que ceux qui n’ont pas bénéficié du programme : la participation des pères aux tâches ménagères a augmenté de 30 % en 2005 à 40,4 % en 2010 (Gíslason, 2011 :11).

Au Québec, depuis le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), les trois quarts des pères se prévalent du congé qui leur est destiné (soit 5 semaines). Comme en Islande, le RQAP a eu des impacts à long terme : les nouveaux pères de 2010 passent 21 minutes de plus en soins aux enfants (Patnaik, 2016 :30). Le RQAP a réussi à changer la dynamique des couples québécois qui partagent presque équitablement les soins aux enfants, même s’il n’a pas éliminé le partage inégal des soins domestiques. Les statistiques sur le taux d’emploi des femmes est aussi encourageantes : depuis la mise en place des congés parentaux, le Québec, où les femmes ayant des enfants en bas âge avaient l’un des taux d’activité les plus bas a vu bondir le nombre de mères sur le marché du travail, passant dans les premiers au classement (Demers, 2015:4).

Ainsi, autant sur les politiques familiales, la participation des pères aux congés offerts par le RQAP, le nombre d’enfants en garderie et le taux d’activité des femmes sur le marché du travail, le Québec se compare à l’Islande. Les politiques publiques mises en place, soit des congés parentaux généreux incitant le père à être présent à la maison et des services de garde étendus, ont permis d’encourager l’égalité entre les sexes.

 

En espérant vous voir en grand nombre,

L'Équipe du CIÉRA.

 

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